Sommaire

    Décret BACS : tout savoir sur la réglementation

    Qu’est-ce que le Décret BACS ?

    Le décret BACS (Building Automation et Control Systems) a été publié en juillet 2020 au Journal Officiel (Décret n° 2020-887) et renforcé en 2023 (Décret n° 2023-259). Ce décret rend obligatoire l’installation de systèmes d’automatisation et de contrôle, autrement dit une Gestion Technique de Bâtiment (GTB), dans tous les bâtiments tertiaires neufs et existants, dont les systèmes assurant le chauffage ou la climatisation, combinés ou non avec un système de ventilation, et dont la puissance nominale utile est supérieure 290 kW d’ici le 1er janvier 2025 et 70 kW d’ici le 1er janvier 2030.

    En complément du Décret tertiaire qui fixe des objectifs de résultats et répondant à la directive européenne EPBD (Energy Performance of Buildings Directive), le Décret BACS lui fixe une obligation de moyens pour y parvenir. Il s’inscrit dans la continuité des politiques publiques visant à améliorer la performance énergétique des bâtiments tertiaires.

     

    Système d’automatisation : comprendre le décret BACS et la GTB

     

    Guide pratique décret BACS

     

    Quelles sont les obligations du décret BACS ?

    1. Installer un système d’automatisation et de contrôle (BACS) : Tous les bâtiments tertiaires équipés de systèmes CVC (chauffage, ventilation, climatisation) au-delà d’un certain seuil de puissance doivent être dotés d’un système de GTB, lorsque cela est techniquement et économiquement réalisable.
    2. Mettre en place une régulation automatique des températures : Les équipements de chauffage et de refroidissement doivent être pilotés automatiquement pour éviter les dérives de consommation.
    3. Suivre et enregistrer les données de consommation énergétique : Le système doit permettre de mesurer en continu les consommations, par usage ou équipement, afin d’identifier les dérives et les gisements d’économies.
    4. Analyser les performances énergétiques du bâtiment : Les données collectées doivent être exploitées pour évaluer l’efficacité des équipements et détecter les anomalies de fonctionnement.
    5. Ajuster automatiquement les systèmes techniques : La GTB doit être capable d’adapter le fonctionnement des équipements en temps réel, en fonction des besoins réels (occupation, météo, horaires…).
    6. Assurer l’interopérabilité des équipements : Les systèmes installés doivent pouvoir communiquer entre eux, garantissant une gestion centralisée et cohérente du bâtiment.
    7. Maintenir et vérifier régulièrement les systèmes : Une maintenance régulière est requise pour garantir la fiabilité des données et la performance dans le temps du système d’automatisation.

     

    Quelles sont les nouvelles obligations pour le tertiaire ?

     

    Quels sont les avantages d’une GTB selon le décret BACS ?

    Pour répondre au décret BACS, les propriétaires doivent installer un système de pilotage centralisé (GTB) permettant d’optimiser la performance énergétique du bâtiment. Ce système doit être de classe A ou B selon la norme NF EN ISO 52120-1 : 2022, et remplir six fonctions :

    • Suivi et analyse des données énergétiques : Suivre et analyser en continu, par zone et à un pas de temps horaire, les consommations des systèmes techniques. Les données sont conservées cinq ans.
    • Évaluation de l’efficacité énergétique : Comparer l’efficacité énergétique du bâtiment à des valeurs de référence et alerter l’exploitant sur les possibilités d’amélioration.
    • Optimisation de l’usage des équipements : Ajuster automatiquement chauffage, ventilation, climatisation ou éclairage selon l’occupation, les horaires ou la météo.
    • Détection des dysfonctionnements : Repérer les dérives de consommation et alerter les équipes techniques pour limiter pannes et surcoûts.
    • Interopérabilité des systèmes : Connecter les équipements de marques différentes sur une même plateforme, pour éviter le fonctionnement en silos.
    • Gestion manuelle et autonome : Permettre un arrêt manuel et une gestion autonome des équipements. Le propriétaire du système d’automatisation reste propriétaire des données et les transmet aux exploitants concernés.

     

    Quels sont les bâtiments concernés par le décret BACS ?

    Sont assujettis au Décret BACS, tout propriétaire d’un bâtiment équipé d’un système de climatisation ou de chauffage, d’une puissance nominale supérieure à 70 kW, combiné ou non avec un système de ventilation, au sein d’un bâtiment tertiaire neuf ou existant. Comme pour le Décret tertiaire, cette obligation peut donc aussi bien concerner les propriétaires que les preneurs à bail, selon la propriété de l’installation considérée (bureaux, commerces, hôtels, établissements de santé et d’enseignement, bâtiments publics, entrepôts, etc).

    Tous les bâtiments tertiaires énergivores avec des équipements techniques pilotables sont concernés.

    Les bâtiments existants : Dans les bâtiments existants, le remplacement ou l’installation d’un générateur de chaleur déclenche l’obligation d’installer un système de régulation automatique, depuis le 21 juillet 2021. Une exemption reste possible si le propriétaire prouve, via une étude dédiée, que l’installation d’une GTB n’est pas rentable sur un temps de retour sur investissement inférieur à 10 ans, comme le rappelle Selectra.

    Les bâtiments neufs : Pour les bâtiments non résidentiels neufs ou en cours de construction exerçant une activités tertiaires, l’obligation d’installer un système d’automatisation et de contrôle (GTB) s’applique dès le dépôt du permis de construire, selon deux seuils de puissance :

    • Permis déposé entre le 21/07/2021 et le 07/04/2024 : obligation pour les bâtiments dont la puissance nominale du système CVC est supérieure à 290 kW.
    • Permis déposé à partir du 08/04/2024 : obligation étendue aux bâtiments dont la puissance nominale est supérieure à 70 kW.

     

     

    Décret BACS : le report à 2030, ce que ça change concrètement

    Initialement fixée au 1er janvier 2027, l’échéance pour les bâtiments existants dont la puissance CVC est comprise entre 70 et 290 kW a été officiellement reportée au 1er janvier 2030 par le décret du 26 décembre 2025. Une décision prise dans le contexte d’un agenda réglementaire chargé pour les collectivités locales, et pour aligner le calendrier français sur la directive européenne EPBD révisée.

    Mais attention : ce report n’est pas un blanc-seing. Il ne modifie ni les objectifs de réduction énergétique du décret tertiaire, ni les avantages concrets liés à l’installation d’une GTB. Au contraire, il doit être vu comme une opportunité pour anticiper sereinement la mise en conformité, sans subir l’engorgement des prestataires que l’on observe déjà sur les sites > 290 kW.

    Quelles sont les échéances pour répondre à cette obligation ?

    Récapitulatif des échéances après le décret du 26 décembre 2025 :

    • Bâtiments existants > 290 kW → obligation en vigueur depuis le 1er janvier 2025
    • Bâtiments existants entre 70 et 290 kW → échéance reportée au 1er janvier 2030
    • Bâtiments neufs (permis après le 08/04/2024) > 70 kW → obligation en vigueur depuis le 8 avril 2024

    Pourquoi anticiper malgré le report ?

    • Les délais d’installation d’une GTB peuvent être longs, notamment pour les parcs multi-sites complexes.
    • Les aides financières (CEE via la fiche BAT-TH-116) ont tendance à se réduire dans le temps.
    • Une GTB bien dimensionnée génère des économies d’énergie dès sa mise en service, avec un retour sur investissement souvent inférieur à 5 ans.
    • Le taux de conformité reste très faible : selon le GIMELEC, seuls 16 % des sites concernés étaient équipés d’une GTB en 2025, malgré l’échéance initiale de 2027.

     

    Comment savoir si votre bâtiment est soumis au décret BACS ?

    Le critère déclencheur est la puissance nominale utile cumulée de l’ensemble des systèmes de chauffage, de climatisation et de ventilation du bâtiment. Voici comment la calculer :

    • Identifiez tous les équipements CVC (chaudière, pompe à chaleur, climatisation, CTA…).
    • Additionnez leurs puissances nominales utiles respectives, exprimées en kW.
    • Si le total dépasse 290 kW, vous étiez concerné par l’échéance de janvier 2025.
    • Si le total est compris entre 70 et 290 kW, vous êtes concerné par l’échéance de janvier 2030.

     

    Cas concret décret bacs

     

    Le TRI : un critère clé pour évaluer la pertinence de votre projet GTB

    L’investissement dans un système de Gestion Technique de Bâtiment (GTB) soulève naturellement la question de sa rentabilité. Le décret BACS intègre d’ailleurs lui-même cette notion : les propriétaires peuvent être exemptés de l’obligation d’installation s’ils démontrent, via une étude dédiée, que le temps de retour sur investissement dépasse 10 ans.

    En pratique, les projets GTB bien dimensionnés affichent souvent un TRI (Temps de Retour sur Investissement) bien en deçà de ce seuil. Les économies d’énergie générées par l’optimisation du chauffage, de la ventilation et de la climatisation, combinées aux primes CEE mobilisables via la fiche BAT-TH-116, permettent généralement d’amortir l’investissement en 3 à 7 ans selon la taille du bâtiment, son niveau d’équipement initial et les tarifs énergétiques en vigueur. À cela s’ajoutent des gains moins visibles mais bien réels : réduction des coûts de maintenance grâce à la détection précoce des dysfonctionnements, valorisation du patrimoine immobilier, et sécurisation de la conformité réglementaire.

     

    Quelles sont les sanctions en cas de non-respect de la réglementation ?

    À l’heure actuelle, le décret BACS ne précise pas de sanction en cas de non-conformité. Cependant, il est nécessaire pour les propriétaires et gestionnaires de bâtiments tertiaires de comprendre l’importance de se conformer à cette réglementation. Le non-respect des obligations peut entraîner des conséquences indirectes, telles que des surcoûts énergétiques, une dégradation de l’image de marque, ou des difficultés à louer ou vendre des biens immobiliers non conformes aux normes en vigueur.

    De plus, avec le renforcement des politiques énergétiques, des sanctions pourraient être envisagées à l’avenir pour les entreprises ne respectant pas la réglementation.

     

    Quel lien entre le Décret BACS et le Décret tertiaire ?

    Le Décret BACS vient compléter le Décret Tertiaire en fournissant des outils de suivi et de contrôle des consommations d’énergie. Les deux dispositifs s’inscrivent dans la dynamique de réduction de l’empreinte énergétique des bâtiments tertiaires. Pour réussir à atteindre ces objectifs de réduction du niveau de consommation d’énergie (à savoir 40% d’ici 2030, 50% d’ici 2040 et 60% d’ici 2050), les actions déployées vont au-delà des travaux de rénovation énergétique des bâtiments.

    Elles impliquent aussi d’améliorer la qualité et l’exploitation des équipements, et de mettre en œuvre des stratégies de management de l’énergie durables. Ainsi, le décret BACS est complémentaire à cette réglementation.

    Décret BACS et OPERAT : une complémentarité opérationnelle

    Le décret tertiaire impose à tous les assujettis de déclarer leurs consommations d’énergie chaque année sur la plateforme OPERAT, gérée par l’ADEME. C’est là qu’intervient concrètement la valeur ajoutée d’une GTB conforme au décret BACS. En collectant, enregistrant et analysant automatiquement les données de consommation à un pas de temps horaire, par zone fonctionnelle, la GTB fournit précisément les données nécessaires aux déclarations OPERAT. Sans ce suivi automatisé, les exploitants doivent reconstituer manuellement des données parfois incomplètes ou peu fiables, au risque de ne pas pouvoir justifier leurs trajectoires de réduction.

    Autrement dit, une GTB bien paramétrée ne se contente pas de répondre à l’obligation du décret BACS : elle devient un outil de pilotage au service de la conformité au décret tertiaire, en temps réel et sur l’ensemble du patrimoine.

     

     

    Déployer une GTB performante sur un parc immobilier : les clés de réussite

    Pour un déploiement à l’échelle d’un parc multisite, privilégiez des systèmes interopérables utilisant des protocoles ouverts : ils permettent de connecter des équipements de marques différentes et de superviser le parc à distance depuis une seule plateforme. Avant toute installation, un audit des installations existantes et un cahier des charges précis évitent le suréquipement et les surcoûts. Les plateformes SaaS actuelles simplifient ensuite la remontée des données, leur analyse et la supervision centralisée.

    Cybersécurité et GTB : un enjeu croissant

    Une GTB connectée expose aussi le bâtiment à des risques cyber : un système mal sécurisé peut devenir une porte d’entrée pour perturber les équipements, exfiltrer des données ou provoquer des pannes sur des sites critiques (hôpitaux, data centers). Les Bonnes pratiques à respecter :

    • Protocoles standards et sécurisés (BACnet/IP, KNX, Modbus TCP chiffré)
    • Réseau de supervision segmenté du réseau informatique général
    • Mises à jour régulières des firmwares
    • Authentification forte et traçabilité des accès
    • Intégration de la GTB dans la PSSI, en lien avec la DSI

    Ces précautions sont d’autant plus importantes que les systèmes de GTB de nouvelle génération, couplés à des plateformes SaaS accessibles depuis n’importe où, multiplient les points d’exposition potentiels. La sécurité doit donc être pensée dès la conception du projet, et non ajoutée après coup.

     

    Quelles sont les aides au financement d’une GTB dans le cadre du décret BACS ?

    La Prime CEE : Vous pouvez bénéficier de primes CEE via la fiche BAT-TH-116 pour l’installation ou l’amélioration des systèmes de GTB dans vos bâtiments.

    Téléchargez le guide sur les certificats d’économies d’énergie (CEE)

    Certificats d’économies d’énergie (CEE)

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    Le guide détaillé dédié aux Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : principes de fonctionnement, acteurs impliqués et types d’opérations éligibles (isolation, éclairage, GTB…). Vous y trouverez également les exigences techniques, les pièces justificatives attendues, ainsi que les leviers de valorisation financière, notamment via les bonifications et dispositifs d’aides.

     

    Les aides de l’ADEME :  L’ADEME propose des subventions pour accompagner les projets visant à améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments, y compris ceux relatifs à la mise en place de systèmes de gestion technique des bâtiments (GTB) conformes aux exigences du décret BACS. Ces aides peuvent prendre plusieurs formes :

    • Aide à l’investissement : Pour l’acquisition et l’installation de systèmes de GTB ou de BACS dans les bâtiments tertiaires, l’ADEME peut financer une partie des coûts liés à ces équipements, notamment ceux visant à optimiser la gestion énergétique (chauffage, ventilation, éclairage, etc.).
    • Aides pour les audits énergétiques : Avant de mettre en place une solution d’automatisation, un audit énergétique peut être nécessaire pour déterminer les actions à entreprendre. L’ADEME finance des audits pour aider les gestionnaires de bâtiments à identifier les améliorations possibles, y compris l’intégration de systèmes BACS.

    Eco-PTZ : L’Éco-Prêt à Taux Zéro (ou Éco-PTZ) est un dispositif financier en France destiné à encourager la rénovation énergétique des logements. Il permet aux propriétaires occupants, bailleurs ou copropriétés de financer des travaux d’amélioration de la performance énergétique sans payer d’intérêts, l’État prenant en charge ces derniers. Ce dispositif s’inscrit dans la stratégie globale de transition énergétique et est complémentaire d’autres aides comme le CITE (Crédit d’Impôt pour la Transition Énergétique) ou MaPrimeRénov’.

    Subventions locales : En complément des aides nationales, des subventions régionales, départementales ou municipales existent pour les projets de rénovation énergétique. Elles varient selon la localisation du projet.

     

    Comment atteindre les objectifs du décret BACS ?

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    Questions fréquentes

    La classe C suffit-elle pour être conforme au décret BACS ?

    Pas entièrement. La classe C constitue la base, mais le décret impose que certaines fonctions spécifiques atteignent un niveau supérieur : la gestion des points de consigne doit être de classe B, et les fonctions de gestion des temps de fonctionnement ainsi que de compte-rendu des consommations énergétiques doivent être de classe A. Autrement dit, une GTB globalement classée C peut satisfaire au décret, à condition que ces fonctions précises soient rehaussées. Si votre système existant ne remplit pas ces critères, une mise à niveau partielle est nécessaire.

    Quelle différence entre une GTB de classe B et de classe C ?

    La classe C est le niveau minimum réglementaire : elle assure une régulation automatique de base et une supervision élémentaire des consommations. La classe B va plus loin avec des fonctions d’automatisation avancées, une régulation adaptative et une meilleure optimisation des consommations. La classe A représente le niveau le plus élevé, avec anticipation des besoins et maximisation des économies d’énergie.

    Comment calculer le TRI pour savoir si mon bâtiment est assujetti ou exempté ?

    Le calcul du Temps de Retour sur Investissement (TRI) suit une méthode officielle définie par arrêté. Elle comporte quatre étapes principales : estimer la puissance des systèmes CVC pour vérifier si le seuil d’assujettissement est franchi ; identifier les équipements dont la régulation représente moins de 5 % de la consommation totale du bâtiment (ceux-ci peuvent être exclus) ; évaluer le coût net de l’installation après déduction des aides financières et des CEE ; puis estimer le gain énergétique attendu, fixé par défaut à 15 % de la consommation moyenne des deux dernières années.

    Si le TRI calculé est inférieur à 10 ans, l’obligation s’applique. S’il est supérieur à 10 ans, une exemption est possible, à condition de produire une étude justificative.

    Mon bâtiment est déjà équipé d'une GTB ancienne. Suis-je quand même concerné ?

    Oui, si votre GTB actuelle ne répond pas aux exigences fonctionnelles du décret BACS (suivi horaire par zone, interopérabilité, classe A ou B selon la norme NF EN ISO 52120-1), vous devrez la mettre à niveau ou la remplacer. Un audit préalable de votre installation existante est la première étape pour évaluer les travaux nécessaires.

    Un bâtiment avec plusieurs propriétaires de systèmes techniques est-il concerné ?

    Oui. Lorsque plusieurs propriétaires de systèmes techniques occupent un même bâtiment, leurs puissances respectives sont additionnées pour déterminer l’assujettissement au décret. Si la somme dépasse le seuil applicable, chaque propriétaire est tenu de raccorder ses propres équipements à la GTB. Si les systèmes sont totalement indépendants et ne couvrent pas de zones communes, chaque propriétaire peut disposer de son propre système. En revanche, si les systèmes sont interdépendants ou partagent des zones d’usage, le BACS doit être mutualisé ou les systèmes doivent a minima communiquer entre eux.

    À quelle fréquence doit-on faire inspecter son système GTB ?

    Depuis le 1er janvier 2025, une inspection périodique est obligatoire tous les 5 ans. Après l’installation initiale ou une modification significative du système, une première inspection doit intervenir dans les 2 ans suivant la réception des travaux, et il est recommandé de la réaliser dans l’année pour se prémunir de toute non-conformité et conserver un recours éventuel auprès du prestataire. Cette inspection doit couvrir l’architecture du système, le bon fonctionnement des fonctions réglementaires et le respect des niveaux de classe exigés.

    Le remplacement d'une chaudière déclenche-t-il automatiquement l'obligation BACS ?

    Oui, dans certains cas. Depuis le 21 juillet 2021, l’installation ou le remplacement d’un générateur de chaleur dans un bâtiment existant peut déclencher l’obligation d’installer des systèmes de régulation automatique de la température. Des travaux de remplacement d’équipements peuvent donc constituer le point d’entrée dans la réglementation, indépendamment des échéances globales de 2025 ou 2030. Il est donc conseillé d’intégrer la conformité BACS dès la planification de tout remplacement de système CVC.

    Qui est responsable de l'installation : le propriétaire ou le locataire ?

    L’obligation pèse sur le propriétaire des systèmes CVC concernés. Dans le cadre d’un bail commercial, si les équipements appartiennent au preneur à bail, c’est ce dernier qui est assujetti. Il est donc essentiel de vérifier la propriété des installations lors de la rédaction ou du renouvellement des baux.

    Peut-on mutualiser une GTB pour plusieurs bâtiments d'un même parc ?

    Oui, et c’est même l’approche recommandée pour les gestionnaires multisites. Les systèmes GTB modernes fonctionnant avec des protocoles ouverts permettent de superviser à distance l’ensemble d’un parc depuis une interface centralisée. Cela réduit les coûts d’exploitation et facilite le pilotage global, tout en respectant les obligations du décret pour chaque bâtiment pris individuellement. Lorsque plusieurs bâtiments sont desservis par un même système technique, les puissances se cumulent pour l’évaluation de l’assujettissement.

    Peut-on cumuler les aides CEE et les aides de l'ADEME pour financer sa GTB ?

    Oui, le cumul est possible sous certaines conditions. Les primes CEE (via la fiche BAT-TH-116) et les subventions de l’ADEME peuvent se combiner, à condition que le total des aides publiques ne dépasse pas le coût total de l’investissement. Il est conseillé de vérifier les règles de cumul auprès de votre conseiller CEE ou de l’ADEME avant de monter votre dossier.

    Quels sont les systèmes techniques concernés par le décret bacs ?

    Le décret BACS concerne les systèmes CVC : chauffage, climatisation et ventilation, qu’ils soient combinés ou installés séparément. Le critère déclencheur est la puissance nominale utile cumulée de ces équipements, avec un seuil fixé à 290 kW pour les bâtiments déjà assujettis depuis 2025, et à 70 kW pour l’échéance 2030. Les systèmes d’éclairage, de sécurité ou de stores ne sont pas directement visés par l’obligation réglementaire, même si une GTB les intègre souvent dans une logique de pilotage global du bâtiment.

    Comment intégrer la conformité au décret BACS dans la stratégie globale de management de l’énergie ?

    Plutôt que de traiter le décret BACS comme une contrainte isolée, intégrez-le dans votre plateforme de management de l’énergie existante : les données remontées par le système d’automatisation (consommations, dérives, alertes) viennent alimenter le même tableau de bord que vos autres indicateurs énergétiques et carbone. Cela permet de piloter la conformité réglementaire et la performance énergétique avec les mêmes outils et la même équipe, plutôt qu’en silos. Cette approche facilite aussi l’articulation avec le décret tertiaire, puisque les économies générées par le pilotage CVC contribuent directement à vos objectifs de réduction de consommation.

    Quelles sont les différentes classes de GTB ?

    Selon la norme NF EN ISO 52120‑1:2022, les systèmes de Gestion Technique du Bâtiment sont classés en quatre classes de performance énergétique, de la moins performante à la plus performante : D, C, B et A . Cette classification permet d’évaluer dans quelle mesure une GTB contribue à optimiser l’efficacité énergétique du bâtiment.

    • Classe A : Performance énergétique élevée
    • Classe B : Performance énergétique avancée
    • Classe C : Performance énergétique standard
    • Classe D : Performance énergétique limitée

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