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    Quels sont les enjeux pour les acteurs de l'immobilier tertiaire ?

    Le secteur du bâtiment représente une part déterminante des émissions de gaz à effet de serre en Europe, ce qui en fait un levier prioritaire de la transition climatique. Pour les acteurs de l’immobilier tertiaire, propriétaires, foncières, investisseurs et exploitants, cette réalité se traduit par un empilement de réglementations (Décret Tertiaire, Décret BACS, taxonomie européenne, CSRD) qui redéfinissent à la fois leurs obligations de conformité et la valeur de leur patrimoine. Voici les principaux enjeux à anticiper.

     

    Un cadre réglementaire qui se densifie et s’accélère

    Depuis 2022, les échéances se sont multipliées pour les acteurs du tertiaire :

    • Le dispositif Éco-Énergie Tertiaire (Décret Tertiaire) impose aux propriétaires et locataires de bâtiments de plus de 1 000 m² de réduire progressivement leur consommation énergétique, avec une déclaration annuelle obligatoire sur la plateforme OPERAT de l’ADEME.
    • Le Décret BACS oblige l’installation de systèmes d’automatisation et de contrôle (GTB) sur les bâtiments tertiaires dont la puissance des systèmes CVC dépasse 70 kW, afin d’optimiser le pilotage énergétique.
    • La taxonomie européenne et la CSRD étendent désormais ces exigences aux investisseurs et grandes entreprises, qui doivent démontrer l’alignement environnemental de leurs actifs.

    Ces textes ne fonctionnent pas en silo : ils se renforcent mutuellement. Un bâtiment équipé d’une GTB conforme au Décret BACS atteint plus facilement les objectifs du Décret Tertiaire, ce qui facilite à son tour la démonstration d’alignement à la taxonomie.

     

    Trois leviers réglementaires

     

    La taxonomie européenne : un nouveau langage pour la valeur des actifs

    Adoptée en 2020, la taxonomie européenne (règlement UE 2020/852) établit une classification commune des activités économiques « durables », fondée sur six objectifs environnementaux dont l’atténuation du changement climatique. Pour un bâtiment tertiaire, être reconnu comme aligné suppose de respecter des critères techniques précis (performance énergétique, absence d’impact négatif sur les autres objectifs environnementaux, principe du « Do No Significant Harm ») et de pouvoir le documenter.

    Ce qui change la donne pour les acteurs du secteur :

    • la taxonomie n’est plus seulement un sujet de conformité ESG, mais un langage de plus en plus utilisé par les investisseurs, les banques et les parties prenantes pour évaluer la robustesse d’un actif, et donc sa désirabilité, sa liquidité et sa valeur.
    • Depuis 2024, les exigences ne portent plus uniquement sur le climat : l’eau, la circularité, la pollution et la biodiversité montent au même niveau d’exigence dans les analyses.
    • les fonds immobiliers classés article 8 ou 9 doivent publier des indicateurs d’alignement à la taxonomie, notamment le pourcentage de CAPEX et d’OPEX alignés, ce qui place les bâtiments et leurs consommations au cœur du reporting ESG.

    Pour les propriétaires, l’enjeu est donc double : se mettre en conformité, mais surtout transformer cette conformité en outil de pilotage pour renforcer l’attractivité et la valeur locative et vénale de leur patrimoine.

     

    Le Décret BACS, pilier technique de la transition énergétique du parc

    Le Décret BACS impose aux propriétaires et exploitants d’installer des systèmes de Gestion Technique du Bâtiment (GTB) afin d’automatiser et piloter à distance les équipements énergivores, chauffage, ventilation, climatisation, éclairage. Concrètement, ces systèmes permettent de :

    • détecter les dérives de consommation en temps réel ;
    • ajuster automatiquement les réglages selon l’occupation réelle des locaux ;
    • produire les données nécessaires aux déclarations OPERAT et aux justificatifs de la taxonomie.

    Depuis la fin de la crise sanitaire, le marché de la GTB connaît une forte dynamique : de nouveaux acteurs proposent des solutions interopérables, basées sur des protocoles ouverts (BACnet, Modbus, KNX), à des coûts d’installation nettement inférieurs à une GTB classique propriétaire. Cette évolution lève l’un des principaux freins historiques à l’adoption de ces technologies pour les bâtiments existants.

    Guide 10 raison BACS

     

    La performance énergétique, nouveau critère de valorisation des actifs

    Au-delà de la conformité réglementaire, la performance énergétique s’impose comme un critère financier à part entière dans les décisions d’investissement et d’arbitrage immobilier :

    • les actifs les mieux notés énergétiquement bénéficient d’un accès privilégié aux financements verts (obligations vertes, fonds ESG), réduisant le coût du capital pour les opérations de rénovation ;
    • à l’inverse, un actif non conforme s’expose à une décote (« brown discount »), à une difficulté de relocation, voire à une sortie du patrimoine de certains fonds soumis à des engagements de durabilité ;
    • la pression des investisseurs et des marchés pousse même les acteurs non encore soumis à l’obligation réglementaire à anticiper, car le non-alignement à la taxonomie peut rapidement devenir un frein pour valoriser des actifs ou lever des fonds.

     

    Anticiper plutôt que subir : une approche de long terme

    Face à cet empilement réglementaire, les acteurs les plus avancés ne traitent plus chaque texte isolément, mais construisent une stratégie patrimoniale globale :

    1. Cartographier le patrimoine : recenser les actifs, leur surface, leur puissance CVC, leur DPE.
    2. Collecter et fiabiliser les données énergétiques : un préalable indispensable à toute déclaration OPERAT, tout dossier de modulation, ou tout audit taxonomie.
    3. Prioriser les investissements : cibler en premier les bâtiments les plus énergivores ou les plus exposés à une obligation imminente (seuil des 1 000 m², seuil des 70 kW CVC).
    4. S’équiper d’outils de pilotage (GTB, plateformes d’Energy Management) pour transformer les obligations de reporting en levier opérationnel de réduction des consommations.

    Cette approche permet de répondre simultanément aux exigences du Décret Tertiaire, du Décret BACS et de la taxonomie européenne, plutôt que de multiplier les démarches en parallèle.

    Questions fréquentes

    Quels sont les principaux enjeux réglementaires pour l'immobilier tertiaire ?

    Les acteurs du tertiaire doivent composer avec trois textes majeurs : le Décret Tertiaire (réduction des consommations énergétiques), le Décret BACS (automatisation et pilotage des équipements CVC) et la taxonomie européenne (classification des actifs durables pour les investisseurs).

    Quelle est la différence entre le Décret Tertiaire et le Décret BACS ?

    Le Décret Tertiaire fixe des objectifs chiffrés de réduction de consommation énergétique pour les bâtiments de plus de 1 000 m². Le Décret BACS, complémentaire, impose les moyens techniques (systèmes de GTB) pour atteindre ces objectifs sur les bâtiments dont la puissance CVC dépasse 70 kW.

    Pourquoi la performance énergétique impacte-t-elle la valeur d'un actif tertiaire ?

    Parce que les investisseurs et les financeurs intègrent désormais la performance énergétique et l’alignement à la taxonomie dans leurs critères d’évaluation : un actif performant accède plus facilement à des financements verts et conserve une meilleure valeur locative et vénale, tandis qu’un actif énergivore s’expose à une décote.

    Qui est concerné par la taxonomie européenne dans l'immobilier ?

    Les grandes entreprises cotées sont déjà soumises à cette obligation, et son périmètre s’élargit progressivement à certaines PME cotées. Mais au-delà des obligations légales, la pression des investisseurs et des marchés financiers pousse l’ensemble des acteurs du patrimoine immobilier à s’y conformer pour rester attractifs.

    Comment les acteurs de l'immobilier tertiaire peuvent-ils anticiper ces réglementations ?

    En adoptant une approche globale : cartographier le patrimoine, fiabiliser les données de consommation énergétique, prioriser les rénovations sur les actifs les plus exposés, et s’équiper de solutions de pilotage comme une GTB ou une plateforme d’Energy Management.

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