Sommaire

    Quelles applications de la loi Élan pour les collectivités ?

    Qu’est ce que la loi Élan ?

    La loi Élan (Évolution du Logement, de l’Aménagement et du Numérique) est une loi française adoptée en novembre 2018, qui réforme en profondeur le secteur du logement et de la construction. Elle poursuit trois objectifs principaux :

    • construire plus, mieux et moins cher en simplifiant les normes de construction et les procédures d’urbanisme
    • faire évoluer le logement social en réorganisant les organismes HLM et en encadrant les loyers
    • et améliorer le cadre de vie en favorisant la rénovation des centres-villes dégradés via les Opérations de Revitalisation de Territoire.

    Elle comporte également un volet numérique, visant à dématérialiser certaines démarches d’urbanisme, et impose aux bâtiments tertiaires des obligations de rénovation énergétique, c’est notamment de la loi Élan qu’est issu le Décret Tertiaire.

    Quelles sont les ambitions de la loi Élan ?

    La loi Élan (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique) a plusieurs objectifs forts, dont certains impactant directement le fonctionnement des collectivités :

    • Construire plus, mieux et moins cher ; avec notamment une simplification des normes de construction et une facilitation de la transformation des bureaux vides en logements.
    • Faire évoluer le logement social en réorganisant le secteur HLM et en encadrant les loyers.
    • Améliorer le cadre de vie en rénovant les centres-villes dégradés et en mettant en place des opérations de revitalisation de territoire.
    • Entreprendre la rénovation énergétique des bâtiments ayant une activité tertiaire

     

    Zoom sur le décret tertiaire

    Un des décrets parus à la suite de la loi Élan, appelé « décret tertiaire » impose aux collectivités territoriales de réduire leur consommation énergétique finale dans l’ensemble de leurs bâtiments à usage tertiaire ayant une surface de plancher de 1 000m² ou plus.

    Les objectifs à atteindre sont ambitieux, en effet, les collectivités doivent diminuer leurs consommations de 40% d’ici 2030, 50% en 2040 puis 60% en 2050 par rapport à une année de référence située entre 2010 et 2019.

    Pour les collectivités, les bâtiments concernés sont :

    • Les locaux des services administratifs
    • Les locaux culturels et sportifs (piscines, gymnases…)
    • Les bureaux et entrepôts
    • Les établissements scolaires

     

    Comment les collectivités peuvent atteindre ces objectifs ?

    Voici une feuille de route pour débuter la réduction des consommations énergétiques :

    1. Désigner au sein de la collectivité un porteur de projet, responsable énergie ou urbanisme qui deviendra l’expert et le référent auprès des élus.
    2. Se faire accompagner par des experts de l’Energy Management et une plateforme de management de l’énergie pour collecter les données et ainsi mieux appréhender la consommation énergétique de son patrimoine.
    3. Réaliser un audit ou un diagnostic énergétique du patrimoine immobilier pour identifier l’étendue des équipements techniques, analyser l’enveloppe des bâtiments et avoir une vision globale des gisements d’économies d’énergie.
    4. Définir un plan d’actions pluriannuel en dressant notamment une liste des projets réalisables en prenant en compte l’investissement qu’ils représentent.
    5. Entamer les actions d’améliorations de la performance énergétique (régulation, changement d’équipements, travaux d’isolation…).
    6. Faire un suivi des économies d’énergie réalisées.

    Toutes ces actions sont des moyens d’atteindre les objectifs. Aucune n’est obligatoire puisque le décret tertiaire n’est pas une obligation de moyen mais une obligation de résultat, donc toutes les actions de performance sont envisageables, même avec un budget limité.

    En revanche, se conformer le plus rapidement possible aux mesures du décret permettra aux collectivités de réduire leurs coûts d’exploitation, de valoriser leur patrimoine et d’amortir leurs investissements à moyen terme.

     

    LB Schéma Directeur énergie

     

    Questions fréquentes

    La loi Élan encadre-t-elle les loyers et les contrats de location ?

    Oui, la loi Élan prolonge le dispositif d’encadrement des loyers initié par la loi ALUR dans les zones tendues, en donnant aux communes volontaires la possibilité de l’expérimenter sur leur territoire. Elle précise également les contrats de location entre bailleur et locataire, notamment sur la durée du bail et les conditions de renouvellement. Elle introduit par ailleurs le bail mobilité, un contrat de courte durée destiné aux personnes en situation de mobilité professionnelle, simplifiant la gestion locative.

    Qu'est-ce qu'une Opération de Revitalisation de Territoire (ORT) prévue par la loi Élan ?

    Les Opérations de Revitalisation de Territoire sont un dispositif créé par la loi Élan pour permettre aux communes de redynamiser leur centre-ville en agissant sur le logement, le commerce, la mobilité et l’aménagement du territoire. Le préfet et les collectivités concernées signent une convention définissant le périmètre et les mesures à mettre en œuvre, dans l’objectif de favoriser le retour d’habitants et d’activités à proximité des centres anciens. Ce dispositif facilite aussi les procédures d’urbanisme et d’autorisation pour les projets de rénovation.

    Quels changements la loi Élan apporte-t-elle pour les organismes HLM et les bailleurs sociaux ?

    La loi Élan réorganise le secteur du logement social en favorisant le regroupement des organismes HLM, afin de renforcer leur gestion et leur capacité financière. Elle réforme aussi les commissions d’attribution des logements sociaux, avec une procédure de contrôle renforcée pour mieux adapter le parc HLM aux besoins des locataires. Ces mesures visent à faciliter la construction de nouveaux logements sociaux tout en modernisant la gestion du parc existant.

    La loi Élan simplifie-t-elle les règles de construction et d'urbanisme pour les communes ?

    Oui, l’un des objectifs de la loi Élan est de simplifier les normes de construction et les documents d’urbanisme, en clarifiant notamment la hiérarchie des normes entre les différents documents de planification. Elle facilite aussi la délivrance de l’autorisation d’urbanisme pour certains projets, en particulier ceux favorisant la transformation de bureaux vacants en logements. Ces évolutions permettent aux communes de réaliser plus rapidement leurs projets d’aménagement.

    La loi Élan renforce-t-elle la lutte contre les marchands de sommeil ?

    Oui, la loi Élan durcit le droit applicable aux marchands de sommeil, ces bailleurs qui louent des logements insalubres à des locataires en difficulté. Elle prévoit un renforcement des sanctions et des mesures de contrôle facilitant le recours des collectivités et des services de l’État pour agir plus vite face au logement indigne. Cette disposition s’inscrit dans l’objectif plus large d’améliorer le cadre de vie dans les quartiers dégradés.

    La loi Élan encadre-t-elle les locations touristiques de type Airbnb ?

    La loi Élan renforce le contrôle des locations meublées touristiques dans les zones tendues, en imposant aux communes concernées un numéro d’enregistrement obligatoire pour toute location de courte durée. Cet encadrement vise à limiter les effets de la double résidence sur le marché locatif et à préserver l’offre de logement pour les habitants à l’année.

    La loi Élan intègre-t-elle un volet numérique pour les démarches d'urbanisme ?

    Oui, la loi Élan (Évolution du logement, de l’aménagement et du numérique) prévoit la dématérialisation des procédures d’urbanisme, dans l’objectif de faciliter le dépôt et l’instruction des autorisations de construire pour les particuliers comme pour les collectivités. Cette évolution s’inscrit dans une stratégie plus large de simplification administrative au service de l’aménagement du territoire.

    Existe-t-il un lien entre la norme ISO 50001 et la loi Élan ?

    La norme ISO 50001 (à ne pas confondre avec une loi, il s’agit d’un référentiel international de certification) et la loi Élan poursuivent un objectif commun : améliorer la performance énergétique des bâtiments. La loi Élan a notamment donné naissance au Décret Tertiaire, qui impose aux bâtiments tertiaires de réduire leurs consommations énergétiques selon des paliers réglementaires. La certification ISO 50001 constitue alors un outil complémentaire et volontaire pour structurer cette démarche : en mettant en place un système de management de l’énergie, les organisations facilitent le suivi de leurs consommations et sécurisent leur conformité aux obligations issues du Décret Tertiaire.

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