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    Audit énergétique dans le tertiaire : ce qu'il faut savoir

    Le décret Tertiaire, ou Eco Énergie Tertiaire, exige depuis 2019 une amélioration énergétique progressive des bâtiments tertiaires. Pour répondre à cette obligation, l’audit énergétique s’avère primordial, car il constitue une première étape indispensable pour élaborer une stratégie d’efficacité énergétique efficace et se conformer à l’ensemble des exigences réglementaires. Depuis 2025, la Loi DDADUE a également modifié les règles en matière d’audits énergétiques réglementaires. On vous décrypte tout dans cet article.

     

    Qu’est-ce que l’audit énergétique ?

    L’audit énergétique réglementaire est plus précisément un diagnostic thermique qui consiste à analyser la performance énergétique d’un bâtiment, en se basant sur les caractéristiques techniques suivantes :

    • La performance des équipements installés : équipements de chauffage, de production d’eau chaude sanitaire (ECS), de ventilation, etc.,
    • Le niveau d’isolation thermique sur les principales sources de déperdition (combles, planchers bas, menuiseries extérieures, murs).
    • L’audit permet de connaître avec précision : le niveau de performance énergétique du bâtiment (si le local tertiaire est économe ou au contraire, énergivore), les sources de déperditions thermiques (absence d’isolation des murs, défaut de ventilation…), les actions correctives les plus pertinentes (préconisation de travaux).

    Ces éléments sont cruciaux pour éviter que des bâtiments ne soient pas classés comme des passoires thermiques.

    Depuis 2015, la réalisation d’un audit énergétique pour les grandes entreprises de plus de 250 salariés, est devenue obligatoire tous les 4 ans avec la directive européenne 2012/27/UE relative à l’efficacité énergétique. L’objectif : inciter les professionnels du secteur tertiaire à mettre en place une stratégie d’efficacité énergétique sur leurs activités. Par ailleurs, dans le cadre de la réglementation, l’audit énergétique permet de repérer les gisements d’économies d’énergie et ainsi de prévoir les investissements préconisés pour réaliser jusqu’à 30 % d’économies, et dépasser 50 % pour la part de la consommation liée au bâtiment. Ces actions peuvent bénéficier d’aides financières pour faciliter leur mise en œuvre.

     

    Ecouter le Podcast : Audits énergétiques : 8 minutes pour tout comprendre

    « advizeo nous accompagne dans la réalisation d’audits énergétiques sur notre portefeuille immobilier de santé Praemia HEALTHCARE. La méthodologie choisie, de Simulation Thermique Dynamique (STD), nous permet de disposer d’une projection précise des économies d’énergie attendues et donc des travaux les plus pertinents ! Ce travail nous permet ensuite d’ouvrir un dialogue avec nos locataires pour travailler ensemble à rendre les bâtiments plus sobres, à répondre au Dispositif Eco Energie Tertiaire et à réduire notre empreinte carbone »

    Myriam HAOUAS, responsable efficacité énergétique chez Primonial REIM care

    L’audit énergétique dans le secteur tertiaire est-il obligatoire ?

    Depuis la publication de la loi DDADUE en avril 2025, les obligations en matière d’audits énergétiques ont été profondément revues. Désormais, ce ne sont plus la taille ou le chiffre d’affaires des entreprises qui déterminent l’obligation, mais leur consommation d’énergie finale. Toute entreprise consommant en moyenne au moins 2,75 GWh/an (10 TJ/an) sur les trois dernières années doit réaliser un audit énergétique tous les 4 ans, couvrant au moins 80 % des usages (bâtiment, process, transport).

    Cette obligation peut être levée si l’entreprise met en place un système de management de l’énergie (SME) certifié ISO 50001, soulignant la volonté du législateur d’encourager une démarche d’amélioration continue.

     

    Qui est concerné et comment s’y conformer ?

    La loi DDADUE (n°2025-391 du 30 avril 2025) s’applique à toutes les personnes morales, privées ou publiques, implantées en France dès lors que leur consommation d’énergie finale franchit certains seuils. Elle marque une rupture en remplaçant les critères d’effectif et de chiffre d’affaires par une logique fondée exclusivement sur les volumes d’énergie consommés.

     

    L’assujettissement des entreprises privées

    Obligation des entreprises en matière d'audits énergétiques dans le tertiaire

     

    🔁 Ces audits doivent être renouvelés tous les 4 ans, sauf si un SME ISO est mis en place, auquel cas l’audit n’est plus obligatoire.

    Les audits énergétiques peuvent être réalisés aussi bien par des auditeurs qualifiés que des architectes et doivent comprendre des propositions de travaux dont l’une au moins permet d’atteindre un très haut niveau de performance énergétique du bâtiment.

     

    Bannière téléchargement guide Loi DDADUE

     

    Quelles sont les étapes clés d’un audit énergétique ?

    Un audit énergétique bien conduit suit une méthodologie structurée en quatre phases, dont la durée totale varie généralement de 4 à 12 semaines selon la taille et la complexité du patrimoine audité.

     

    Les étapes d'un audit énergétique

     

    Étape 1 : Collecte de données et état des lieux (2 à 4 semaines)

    L’auditeur commence par collecter l’ensemble des données énergétiques disponibles : factures des 3 dernières années, plans du bâtiment, caractéristiques des équipements (chauffage, climatisation, ventilation, éclairage), contrats de maintenance et, si disponibles, données issues d’un système de télémesure ou d’une GTB. Une visite de site est systématiquement réalisée pour observer le fonctionnement réel des installations et les usages des occupants.

    Livrables : inventaire des données, liste des points de mesure manquants, planning de la suite de la mission.

    Étape 2 : Analyse énergétique et identification des gisements (2 à 4 semaines)

    Sur la base des données collectées, l’auditeur établit un bilan énergétique précis poste par poste (chauffage, refroidissement, eau chaude sanitaire, éclairage, process, transport). Il identifie les sources de surconsommation ou de déperdition et modélise les scénarios d’amélioration. Pour les bâtiments complexes, une Simulation Thermique Dynamique (STD) peut être utilisée pour projeter avec précision les gains attendus de chaque action envisagée.

    Livrables : bilan énergétique par usage, cartographie des déperditions, liste des gisements d’économies identifiés.

    Étape 3 : Formulation des préconisations et calcul de ROI (1 à 2 semaines)

    L’auditeur formule des préconisations hiérarchisées selon leur coût, leur impact et leur délai de retour sur investissement. On distingue généralement trois niveaux d’actions :

    • Les actions sans coût ou à faible coût : réglages de programmation, ajustement des températures de consigne, sensibilisation des occupants. Ces mesures peuvent représenter 5 à 15 % d’économies sans investissement.
    • Les investissements courts à moyens termes (ROI < 5 ans) : remplacement d’équipements vétustes, mise en place d’un système GTB, isolation de points singuliers.
    • Les travaux lourds de rénovation (ROI > 5 ans) : isolation thermique par l’extérieur, remplacement de systèmes de production de chaleur, installation d’énergies renouvelables.

    Chaque préconisation doit obligatoirement inclure une estimation du coût des travaux, des économies d’énergie attendues et du temps de retour sur investissement, exigence renforcée par la loi DDADUE pour les entreprises dont le ROI est inférieur à 5 ans.

    Étape 4 : Restitution et plan d’action (1 à 2 semaines)

    L’audit se conclut par la remise d’un rapport détaillé et une session de restitution avec les parties prenantes (direction, équipes techniques, property managers). Cette phase est déterminante : elle permet de valider les priorités, d’arbitrer entre différents scénarios et de définir le plan d’investissement pluriannuel. Dans le cadre de la loi DDADUE, ce plan d’action doit être rendu public dans le rapport annuel de l’entreprise, avec justification des mesures retenues ou écartées.

    Livrables : rapport d’audit complet, synthèse exécutive, plan d’action priorisé avec échéancier et chiffrage.

    Quel est le coût d’un audit énergétique ?

    Le coût d’un audit énergétique varie selon plusieurs facteurs : la surface du patrimoine audité, le nombre de sites concernés, la complexité des usages (bâtiment tertiaire simple vs site industriel multi-procédés), la méthode retenue (audit réglementaire standard ou Simulation Thermique Dynamique) et le niveau de détail attendu pour les préconisations. À titre indicatif, voici les fourchettes de prix généralement constatées sur le marché français :

    Bâtiment tertiaire unique (< 5 000 m²) : Fourchette : 3 000 – 8 000 €

    Facteurs d’impact : nombre d’équipements, accessibilité du site

    Bâtiment tertiaire (5 000 – 20 000 m²) : Fourchette : 8 000 – 25 000 €

    Facteurs d’impact : complexité des usages, recours ou non à une STD

    Patrimoine multi-sites (> 10 sites)  : Fourchette : sur devis (effet volume possible)

    Facteurs d’impact : homogénéité du parc, mutualisation de la mission

    Bon à savoir : Le coût d’un audit énergétique peut être partiellement financé via les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) et, pour les PME, par des dispositifs régionaux de soutien à la transition énergétique. Certains fournisseurs d’énergie proposent également de cofinancer l’audit dans le cadre de leurs obligations CEE.

     

    Pourquoi réaliser un audit énergétique ?

    Réduire sa facture énergétique

    Il est important de mettre en place de bonnes pratiques afin d’optimiser la consommation d’énergie de ses bâtiments et d’éviter de grosses pertes d’énergie. C’est d’ailleurs sur le chauffage qu’il faut axer ses efforts car il représente à lui seul 30% de la facture énergétique des bâtiments tertiaire selon l’ADEME. La réduction de ces consommations peut considérablement alléger le coût global d’exploitation des bâtiments.

    En baissant la température de quelques degrés, en passant par exemple de 20 à 19 °C, vous pouvez réduire votre consommation de 7%.

    Contribuer à la transition énergétique

    Au-delà de l’économie réalisée grâce à des petits CAPEX ou travaux réalisés dans le cadre de l’audit énergétique, vous participerez aussi à l’effort collectif dans le cadre du plan de sobriété pour tendre vers la neutralité carbone.

     

    Se conformer à la réglementation DDADUE

    La loi DDADUE a modifié les règles en matière d’audit énergétique obligatoire tous les 4 ans pour les entreprises. Les entités assujetties doivent :

    1. Mesurer leur consommation moyenne d’énergie finale sur 3 ans (y compris bâtiment, procédés, transport).

    2. Identifier leur niveau d’obligation selon les seuils DDADUE.

    3. Réaliser un audit ou mettre en place un SME ISO 50001 dans les délais impartis.

    4. Élaborer un plan d’action, publié dans le rapport annuel, justifiant chaque mesure retenue ou écartée (obligatoire si ROI < 5 ans).

    5. Transmettre électroniquement les données à l’administration sous 2 mois après audit ou certification.

    6. Déclarer chaque année leur consommation finale (si les consommations excèdent ≥ 2,75 GWh/an).

     

    Comprendre la loi DDADUE en deux minutes

     

     

    Cette nouvelle réglementation vient ainsi donner une nouvelle obligation de moyen pour atteindre les objectifs du Décret tertiaire. En imposant aux entreprises de réaliser des audits ou de mettre en place un Système de management de l’énergie et de suivre les actions dans le temps, l’Union Européenne et l’État poussent ces acteurs vers toujours plus d’engagement et de transparence en matière d’efficacité énergétique.

     

    Audit énergétique vs DPE : quelles différences ?

    L’audit énergétique et le Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) sont souvent confondus, mais ils répondent à des objectifs et des obligations très différents. Voici les distinctions essentielles :

    Objectif

    • Audit énergétique : identifier les gisements d’économies et définir un plan d’action chiffré
    • DPE : étiqueter la performance énergétique du bâtiment (classe A à G)

    Périmètre

    • Audit énergétique : bâtiment + usages process et transport
    • DPE : bâtiment uniquement (enveloppe, chauffage, eau chaude sanitaire)

    Qui est concerné ?

    • Audit énergétique : entreprises consommant ≥ 2,75 GWh/an (loi DDADUE)
    • DPE : propriétaires à la vente ou à la location

    Fréquence

    • Audit énergétique : tous les 4 ans (sauf mise en place d’un SME ISO 50001)
    • DPE : à chaque transaction + tous les 10 ans

    Livrable

    • Audit énergétique : rapport avec préconisations chiffrées et retour sur investissement
    • DPE : étiquette énergie + étiquette GES

    Valeur ajoutée

    • Audit énergétique : levier stratégique et outil de décision d’investissement
    • DPE : indicateur réglementaire et signal marché

    A retenir : Le DPE et l’audit énergétique sont complémentaires : un DPE performant (classe A ou B) est souvent la conséquence des travaux recommandés dans un audit énergétique. Dans une démarche Décret Tertiaire, c’est l’audit qui pilote la stratégie ; le DPE en traduit le résultat.

     

    Quels bâtiments ne sont pas soumis au DPE ?

     

    Zoom sur les obligations du Décret tertiaire

    décret tertiaire

    Ce décret,  aussi appelé Éco Énergie Tertiaire, concerne les propriétaires et gestionnaires de bâtiments dont les locaux hébergent une activité tertiaire (bureaux, commerces, hôtels, etc.) sur une surface d’exploitation égale ou supérieure à 1 000 m2. Pour se conformer à ce décret, les entreprises peuvent lancer plusieurs actions : amélioration de la performance énergétique, installation d’équipements plus performants ou encore sensibilisation pour modifier le comportement des occupants.

    Dans la continuité du décret Éco Énergie Tertiaire, le nouveau décret BACS impose la mise en place d’un système GTB performant (qui permet l’automatisation et le pilotage des équipements énergétiques). Cela contribue directement à l’élimination progressive des passoires thermiques, tout en réduisant le coût des consommations énergétiques et en maximisant les effets positifs sur l’environnement grâce à ces services énergétiques performants.

     

    Les bâtiments tertiaires et leurs obligations énergétiques

    Questions fréquentes

    Qui peut réaliser un audit énergétique ?

    L’audit énergétique doit être réalisé par un auditeur qualifié et indépendant. En France, les auditeurs doivent disposer d’une certification reconnue, notamment la qualification OPQIBI 1905 (audit énergétique dans le tertiaire) ou équivalente. Les architectes ayant suivi une formation spécifique peuvent également intervenir. Pour les grandes organisations ou les patrimoines complexes, l’audit est souvent confié à un bureau d’études en ingénierie énergétique ou à un prestataire spécialisé en Energy Management, qui maîtrise à la fois les aspects techniques, réglementaires et les outils de simulation.

    Combien de temps dure un audit énergétique ?

    La durée d’un audit énergétique dépend de la taille et de la complexité du site audité. Pour un bâtiment tertiaire standard, la mission dure généralement entre 6 et 10 semaines, de la collecte initiale des données jusqu’à la remise du rapport final. Pour un patrimoine multi-sites ou un audit avec Simulation Thermique Dynamique (STD), la durée peut s’étendre à 3 à 6 mois. Les entreprises soumises à la loi DDADUE doivent transmettre les résultats de leur audit à l’administration dans les 2 mois suivant sa réalisation.

    Peut-on remplacer l'audit énergétique par une certification ISO 50001 ?

    Oui. La loi DDADUE de 2025 maintient cette alternative : une entreprise qui met en place un Système de Management de l’Énergie (SME) certifié ISO 50001 est dispensée de l’obligation d’audit énergétique quadriennal. Pour les organisations consommant plus de 23,6 GWh/an, la certification ISO 50001 devient même obligatoire. L’avantage de cette démarche est double : elle supprime l’obligation d’audit et instaure un cycle d’amélioration continue de la performance énergétique, reconnu également comme modalité de conformité au Décret Tertiaire sur la plateforme OPERAT.

    Quelles aides financières existent pour un audit énergétique ?

    Plusieurs dispositifs permettent de réduire le coût d’un audit énergétique. Les Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) constituent le principal levier : certains fournisseurs d’énergie peuvent cofinancer tout ou partie de la mission dans le cadre de leurs obligations. L’ADEME propose également des aides spécifiques pour les TPE/PME dans le cadre du dispositif « Diag Éco-Flux ».

    Enfin, certaines régions et collectivités soutiennent les démarches d’efficacité énergétique des entreprises de leur territoire via des subventions ou avances remboursables. Il est recommandé de consulter la plateforme France Rénov’ et votre conseiller en transition énergétique local (CCI, CMA) pour identifier les aides auxquelles vous êtes éligible.

    Quelle est la différence entre un audit énergétique et un bilan carbone ?

    L’audit énergétique et le bilan carbone (ou Bilan GES) sont deux démarches distinctes bien que complémentaires. L’audit énergétique se concentre sur les consommations d’énergie : il identifie où l’énergie est consommée, pourquoi et comment la réduire. Le bilan carbone, lui, quantifie l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre d’une organisation selon les 3 scopes du GHG Protocol, y compris des sources non énergétiques (achats, déplacements professionnels, déchets, etc.).

    Dans une stratégie de décarbonation complète, l’audit énergétique vient alimenter le bilan carbone sur les postes liés à la consommation d’énergie directe (Scope 1 et 2).

    L'audit énergétique est-il valorisable fiscalement ?

    Les dépenses liées à un audit énergétique peuvent, dans certains cas, être déductibles fiscalement en tant que charges d’exploitation. Par ailleurs, les investissements réalisés à la suite de l’audit et visant à améliorer la performance énergétique peuvent bénéficier du dispositif de suramortissement prévu par la législation fiscale en vigueur. Il est conseillé de consulter votre expert-comptable pour valider le traitement fiscal applicable à votre situation, car les conditions d’éligibilité peuvent varier selon la nature des travaux et le statut de l’entreprise.

    Que se passe-t-il si une entreprise ne réalise pas son audit énergétique obligatoire ?

    Le non-respect de l’obligation d’audit énergétique prévue par la loi DDADUE expose les entreprises concernées à des sanctions administratives. La directive européenne sur l’efficacité énergétique (transposée en droit français) prévoit des pénalités financières en cas de manquement. Par ailleurs, l’administration dispose depuis 2025 d’un droit de contrôle renforcé et les entreprises doivent déclarer chaque année leur consommation finale d’énergie si elle dépasse 2,75 GWh/an. Au-delà de la sanction, l’absence d’audit prive l’entreprise d’un levier majeur d’optimisation de ses coûts énergétiques, un risque croissant dans un contexte de volatilité des prix de l’énergie.

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