Le durcissement de la réglementation du Grenelle 2, ajouté au changement de comportement des consommateurs qui privilégient de plus en plus les marques engagées dans le développement durable, poussent les enseignes de la grande distribution à s’engager dans une démarche de réduction de leurs consommations énergétiques.

Les responsables de supermarché ont conscience que la diminution de leur empreinte environnementale contribue à la fois à valoriser leur image de marque et également à réduire le coût de leur facture énergétique, ce qui peut représenter un gain financier conséquent. Réduire les dépenses énergétiques des surfaces de vente alimentaires apparaît dès lors comme indispensable.Nous allons, à travers cet article, vous exposer les différents moyens de faire des économies d’énergie dans le retail, avec ou sans investissements importants.

Cependant, des freins subsistent pour déployer une politique de performance énergétique notamment à cause de l’investissement financier que peuvent représenter des travaux de rénovation. Il existe des solutions alternatives pour entamer une démarche RSE tout en limitant les investissements.

D’autant plus que ces nouvelles méthodes d’optimisation énergétique génèrent des économies d’énergie qui permettent généralement de dégager du budget pour réaliser des investissements plus importants par la suite.

C’est pour cela qu’il convient d’étudier les différentes possibilités afin de laisser l’opportunité aux enseignes de la distribution, de choisir les actions en adéquation avec leur enveloppe budgétaire initiale.

 

ACTIONS SANS INVESTISSEMENTS IMPORTANTS

  • Le suivi des consommations d’énergie et des températures :

Grâce à des capteurs utilisant les technologies de l’Internet des Objets, il est désormais possible de suivre en temps réel, toutes les consommations d’énergie d’une surface de vente. Ces systèmes sont bien plus optimaux que le suivi classique, qui s’effectue généralement de manière mensuelle. En effet, dès lors qu’une anomalie est constatée le personnel présent sur place peut être informé.

Il est particulièrement intéressant de suivre la température de la production pour les meubles froids, qui représente le plus gros poste de dépenses énergétique (>> voir l’article sur les dépenses énergétiques d’un supermarché). Le personnel est ainsi alerté dès lors qu’une panne est détectée. Ainsi, en gagnant en réactivité, ils peuvent plus rapidement corriger les écarts de température et éviter toute surconsommation énergétique. De plus, le risque de perdre les produits à cause d’ une mauvaise conservation est limité, ce qui réduit de facto les risques sanitaires et l’impact financier.

Il convient également de suivre les consommations d’électricité et leur répartition par usage. Ce suivi permet d’avoir une mesure précise des différents usages énergétiques de sa surface de vente et de connaître les plus gros postes de dépenses : éclairage, froid alimentaire, chauffage et ventilation. Il devient alors possible d’établir un plan d’action d’amélioration personnalisé par rapport au fonctionnement du magasin. Cette cartographie des consommations d’énergie met en lumière les actions prioritaires pour diminuer rapidement le coût de la facture énergétique.

Enfin, le suivi en temps réel de la température intérieure du magasin peut être une variable intéressante pour analyser le comportement du système de traitement climatique (chauffage, refroidissement, ventilation). On constate régulièrement des dérives sur la température ambiante qui engendre des hausse de  consommation et les consommateurs se plaignent souvent d’avoir trop chaud ou trop froid lorsqu’ils font leurs achats.

Ces solutions de monitoring regroupant objets connectés et application multi-mesure, s’accompagnent généralement de conseils et de recommandations personnalisées pour optimiser l’exploitation du bâtiment.

  • Le suivi de facturation:

Un suivi automatisé des factures permet de collecter et de centraliser toutes les données liées à l’énergie. Rappelons que pour des raisons réglementaires, les contrats gaz et électricité ne peuvent, pour l’instant, être regroupés. Rapporté à un parc multisites, le volume de factures à traiter devient vite important et chronophage.

Couplé à une solution de monitoring en temps réel des énergies, le suivi des factures énergétiques permet de voir si les consommations facturées par les fournisseurs d’électricité sont le reflet des consommations réelles de la surface de vente. Des algorithmes d’analyse permettent d’identifier les problèmes de relevés et de facturation et permettent au gestionnaire d’éviter des surcoûts.

Un suivi et une analyse fine des factures énergétiques permettent de comparer la puissance souscrite et la puissance appelée, le profil de consommation (longue utilisation, courte utilisation) ou les ajustements sur les contrats. Ainsi des optimisations tarifaires peuvent être mises en avant. Revoir ses contrats d’énergie pour qu’ils soient en adéquation avec les besoins réels des surfaces de vente permet de réduire les factures énergétiques jusqu’à 20%.

 

ACTIONS AVEC DES INVESTISSEMENTS :

  • La maintenance des équipements:

Une bonne maintenance des équipements est indispensable lorsque l’on souhaite optimiser la performance énergétique de son magasin. En effet, les installations techniques consomment moins quand elles sont bien entretenues. Généralement, lorsque les équipements sont vérifiés régulièrement, il est possible d’anticiper les pannes et les installations défectueuses. On veillera à dimensionner correctement les heures de maintenance pour le suivi des bâtiments, et notamment le suivi des heures en correctif et préventif.

Outre l’entretien des équipements, c’est la conduite des installations qui prime pour assurer le fonctionnement normal des installations. Cela passe par exemple par l’enregistrement des paramètres adaptés aux usages du bâtiment, tels que :

  • l’arrêt partiel en période d’inoccupation
  • le démarrage contrôlé
  • la gestion du zoning

Une des alternatives pour transformer ce coût en véritable investissement est de former les agents sur site.

  • Rénover et changer le matériel existant :

Dans certains cas, les opérations de maintenance ne suffisent pas à rendre le matériel davantage efficient. Certaines installations sont trop anciennes et nécessitent par conséquent d’être rénovées. Dans certaines situations le matériel peut même avoir besoin d’être totalement changé (pour répondre à certaines normes, car trop énergivores, etc.).

Ces changements peuvent coûter cher et les entreprises n’ont pas toujours les moyens financiers et humains pour mettre en place de telles modifications. Si toutefois elles décident de s’engager dans une démarche de rénovation des installations énergivores, des solutions peuvent les accompagner dans la réalisation d’économies d’énergie. Par exemple, remplacer les automates qui lancent la ventilation lorsque les seuils de qualités d’air sont dépassés par des sondes de CO2 peut permettre de réduire de 20% les consommations d’énergie liées à la ventilation et la climatisation dans les grandes surfaces. Ceci, en plus de réduire le coût inhérent au changement de l’ensemble de l’installation.

Sources :

LSA conso : Trois pistes pour réduire la consommation de froid en magasins

LSA conso : Haro sur la facture énergétique