L’Energy Management : au cœur de l’efficacité énergétique des bâtiments

Energy management
30 avril 2020
advizeo
Energy Manager gestion énergétique

Renforcement de la réglementation (dispositif Eco-Energie tertiaire, décret BACS), envolée des prix de l’énergie, plan de sobriété : réduire les consommations énergétiques devient une nécessité impérieuse pour les entreprises et collectivités.
 
Pour atteindre des objectifs ambitieux de performance énergétique, il est nécessaire pour les organisations de repenser leur manière de gérer l’exploitation de leurs bâtiments, d’autant plus à l’échelle d’un patrimoine.
 
L’Energy Management – et les Energy Managers – ont un rôle central à jouer dans cette nécessaire transition.

Qu’est-ce qu’un Energy Manager

 

Conventionnellement, un Energy Manager est un expert de l’énergie. Manager énergie, responsable énergie, ingénieur énergie et fluides, ingénieur en performance énergétique ou efficacité énergétique, thermicien, économe de flux : les intitulés de poste diffèrent mais pas la finalité de leur mission. Il s’agit d’optimiser la performance énergétique des bâtiments sans dégrader – ou le moins possible – le confort des occupants.

 

Spécialiste de la gestion énergétique, l’Energy Manager est en mesure de réaliser des missions visant la compréhension du parc : audit énergétique, diagnostic, schéma directeur énergétique, définition d’un plan de comptage, etc. Pour cela, il est amené à intervenir sur les sites. Il est le référent central sur les sujets énergétiques d’un périmètre immobilier donné.

 

De la collecte des données énergétiques jusqu’aux plans de travaux en passant par la programmation des équipements, l’Energy Manager doit être le garant de la performance énergétique sur tout ce qui impacte l’exploitation des bâtiments. Il propose des plans d’actions d’amélioration et accompagne mainteneurs et exploitants de bâtiment dans la réduction de leurs consommations d’énergie.
 
Ses connaissances techniques et son expertise terrain peuvent permettre aux exploitants tertiaires de respecter les réglementations, d’obtenir ou de suivre des certifications environnementales, des normes type ISO 50001 et d’améliorer la performance énergétique d’un parc de bâtiments.
 
Enfin, l’Energy Manager a un rôle de sensibilisation, de formation et de coordination des acteurs impliqués dans l’exploitation du bâtiment, ainsi qu’auprès des usagers.

 

Internaliser ou externaliser l’Energy Management ?

C’est une question que beaucoup d’entreprises et collectivités peuvent se poser à l’heure où le management de l’énergie revêt une importance particulière. Dans un monde idéal et sans contraintes, la réponse serait… les deux !

 

Un Energy Manager « à demeure » aura une connaissance plus fine du patrimoine et un levier direct et constant auprès des acteurs du bâtiment. Un Energy Manager externalisé apportera du recul et des bonnes pratiques qui lui viennent de la gestion de patrimoines variés. Dans les deux cas, le plus important est d’avoir un accompagnement durable pour coordonner le travail des mainteneurs, garder un suivi après la mise en œuvre des actions et éviter les dérives. C’est ensuite la taille du patrimoine qui guidera les choix entre internalisation, externalisation ou juste équilibre entre les deux.

Quelles sont les missions et prestations d’un Energy Manager ?

L’Energy Manager, pour parvenir à réaliser des économies d’énergie à l’échelle d’un parc immobilier, peut s’appuyer sur un éventail de missions variés :

 

L’audit énergétique

Un audit énergétique se définit comme « un examen et une analyse méthodiques de l’usage et de la consommation énergétiques d’un site, bâtiment, système ou organisme, ayant pour objet d’identifier les flux énergétiques et les potentiels d’amélioration de l’efficacité énergétique et d’en rendre compte » (source : norme EN 16247-1).
 
Composante essentielle du travail de l’Energy Manager, l’audit énergétique est par ailleurs obligatoire pour les entreprises dépassant 250 salariés ou 50 millions d’euros de CA et 43 millions d’euros de bilan durant deux années consécutives. Les données relatives à sa réalisation doivent être déposées sur la plateforme audit-energie.ademe.fr.
 

Le diagnostic ciblé

À la différence de l’audit énergétique qui couvre l’ensemble du bâtiment et ses usages, le diagnostic ciblé peut voir l’Energy Manager se concentrer sur un élément technique en particulier : une chaudière, une CTA (centrale de traitement d’air), un groupe de production frigorifique, etc.
 
En fonction des usages du bâtiment et de ce qui a été analysé par l’Energy Manager sur les données de consommations (depuis les courbes de charge électriques, les factures énergétiques, la GTB ou des capteurs connectés), le diagnostic ciblé peut être un moyen efficace d’adresser directement les postes de consommation sur lesquels des dérives sont suspectées.

 

Le schéma directeur énergétique

Le schéma directeur énergétique est particulièrement utile pour définir une stratégie énergétique à l’échelle d’un patrimoine. Il permet de classer et de hiérarchiser les bâtiments en fonction de leur profil de consommation et de leur performance énergétique pour permettre la définition d’un plan d’investissement (remplacement d’équipements, travaux) adapté aux objectifs fixés. Essentiel pour prioriser les actions et donner une vue d’ensemble à l’Energy Manager !

 

L’AMO énergétique

Une fois les plans d’actions engagés, le rôle de l’Energy Manager peut être de vérifier la bonne exécution des travaux au regard des objectifs de réduction de consommation fixés par action. Ces missions d’AMO énergie peuvent aller de l’accompagnement au choix des prestataires jusqu’au suivi de chantier et à la vérification de la conformité des travaux réalisés.
 

La mise en œuvre ou le suivi de l’ISO 50001

L’ISO 50001 est un système de management de l’énergie qui se fonde sur l’amélioration continue – un modèle de système de management que l’on retrouve dans d’autres normes tels que l’ISO  9001 et ISO 14001. L’Energy Manager peut ainsi être amené à travailler à l’obtention de la certification ISO 50001 ou, lorsqu’elle est déjà mise en œuvre, à sa bonne exécution et à son suivi.
 

Le plan de mesure et de vérification

Un des aspects souvent sous-estimés de la fonction d’Energy Manager réside dans la capacité à définir un cadre rigoureux, cohérent et partagé pour le calcul et le suivi des économies d’énergie. L’IPMVP est l’un des protocoles utilisés par les Energy Managers pour mesurer les économies d’énergie de manière fiable : il définit une période de référence, une période de suivi et intègre des variables périodiques et des variables non périodiques.

De l’importance de la coordination sur la durée

Réduire les consommations énergétiques d’un parc immobilier passe par la collaboration de l’ensemble des parties prenantes (mainteneurs, bureau d’étude technique, exploitants, occupants, etc.). L’Energy Manager est – au sein de cet écosystème – l’interlocuteur privilégié pour tous les aspects relatifs à l’efficacité énergétique : son intervention sur la durée est souhaitée pour éviter l’apparition de dérives une fois les actions d’amélioration mises en œuvre. Ainsi et pour être efficace, l’Energy Management doit être pensé comme un process continu.

L’Energy Management : une discipline en pleine évolution

Un nouveau cadre réglementaire et financier

 

Les Energy Managers doivent assurer leurs missions, au sein des entreprises et collectivités, dans un cadre réglementaire et financier en profonde mutation.

 

Le décret tertiaire ou dispositif Eco-Energie tertiaire :

 
Entré en vigueur en octobre 2019 et complété par plusieurs arrêtés depuis, le décret tertiaire a bouleversé la manière dont les gestionnaires de patrimoine, bâtiments et énergie doivent adresser l’efficacité énergétique. Il fixe en effet des obligations de résultat en exploitation – ce qui existait jusqu’à présent uniquement en construction – et impose de déclarer annuellement ses consommations sur la plateforme OPERAT de l’ADEME.
 
Ce dispositif Eco-Energie tertiaire met ainsi l’accent sur les actions d’efficacité énergétique et sur les démarches d’économies d’énergie, au-delà de l’audit, ce qui conduit à faire évoluer les missions de l’Energy Manager, vers un accompagnement plus régulier, plus durable et mieux coordonné.
 

Le décret BACS :

 
Le décret BACS (pour Building Automation & Control Systems) a été publié en juillet 2020 et a pour objectif d’équiper les bâtiments tertiaires non-résidentiels, neufs et existants, d’un système d’automatisation et de contrôle des bâtiments d’ici le 1er janvier 2025.
 
Il met en lumière certains défis auxquels sont confrontés les Energy Managers pour piloter la performance énergétique des bâtiments :

  • D’abord, les systèmes de gestion technique du bâtiment (GTB) sont rarement exploités au service des économies d’énergie : l’Energy Manager doit ainsi composer avec des systèmes fermés, parfois mal dimensionnés et pour lesquels un déficit de connaissance ou de formation est souvent constaté au sein des équipes techniques et de maintenance des bâtiments.
  • Les bâtiments de « petite » taille sont très rarement équipés de systèmes de GTB – trop coûteux, trop lourds à déployer. Pour aider les entreprises et collectivités à se mettre en conformité avec le décret BACS, l’Energy Manager doit dès lors les orienter vers des solutions moins coûteuses, plus flexibles et qui permettent une supervision et un pilotage efficient de l’énergie à l’échelle d’un patrimoine.
  •  

    La hausse du prix de l’énergie :

     
    Si la hausse du prix de l’énergie (gaz comme électricité) est en partie structurelle, l’envolée spectaculaire entamée en milieu d’année 2022 (et le prix du MWh multiplié par 10 par rapport au prix d’avant crise) a un effet important sur le management de l’énergie des entreprises et collectivités.
     
    Si cette hausse ne bouleverse pas les missions de l’Energy Manager en tant que telles, elle change le niveau de priorisation de l’Energy Management au sein des organisations et les incite à renforcer les ressources et moyens mis à disposition pour générer des économies d’énergie dans leurs bâtiments.

    De nouveaux outils et méthodes pour les Energy Managers

     
    Plusieurs composantes du métier d’Energy Manager ont changé ces dernières années, du fait de ce nouveau cadre décrit plus haut, mais également porté par des innovations mises au service de la performance énergétique :

    Une plateforme de management de l’énergie pour analyser les données :

     
    L’Energy Management ne se fait pas seulement au travers des visites terrain. Il implique un travail régulier de suivi et de contrôle des « data » énergétiques pour identifier rapidement les dérives et les gisements d’économie d’énergie. Les Energy Managers s’appuient pour cela sur des plateformes (logiciels) de management de l’énergie, dont celle développée par advizeo, qui centralisent les données de consommation et les rendent disponibles en temps-réel depuis PC ou mobile.
     

    Ces logiciels dits EMS (pour Energy Management System) deviennent rapidement indispensables lorsque le périmètre d’action des Energy Managers est multi-sites ou s’étend sur un parc immobilier. Ils rendent la « data » plus facile à exploiter et optimisent la productivité des Energy Managers.
     

    L’instrumentation par les capteurs IoT pour maîtriser les usages et le confort

     

    Pour compléter les données à disposition de l’Energy Manager, il peut être nécessaire de déployer des capteurs connectés. Ces derniers peuvent d’abord aider à suivre le confort ou la santé des occupants : mesure de la température de l’air, de l’eau, de l’hygrométrie, de la qualité d’air.
    Ils peuvent également permettre d’affiner le plan de comptage énergétique pour donner une meilleure vision des consommations de gaz et d’électricité par usage à l’Energy Manager. En industrie et dans le cadre du dispositif Eco-Energie tertiaire, le plan de comptage peut également permettre d’isoler la consommation des surfaces tertiaires de celles de la partie industrie.
     

    Le pilotage intelligent des bâtiments

     
    Il est souhaitable que les Energy Managers soient impliqués dans les projets relatifs à la gestion technique du bâtiment pour :
    – Réaliser un diagnostic des installations GTB existantes
    – Aider au bon dimensionnement des équipements lors de nouveaux déploiements
    – S’assurer de la bonne programmation des systèmes au regard des enjeux de performance énergétique
    – Superviser les informations remontées par la GTB et définir des plans d’optimisation
     
     

    Le marché se dirige vers des systèmes d’automatisation et de contrôle des bâtiments plus ouverts, interopérables et administrables à distance. Cela va donner de nouveaux leviers aux entreprises et collectivités pour mettre en œuvre des stratégies d’Energy Management efficaces et maximiser les économies d’énergie.  

     
     

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