Energy Management : comment concilier sobriété énergétique et recommandations sanitaires pour une reprise d’activité vertueuse ?

Astuces
23 juillet 2020
advizeo

La crise sanitaire actuelle bouleverse la manière dont sont gérés les bâtiments au quotidien. Les mois de confinement ont fortement impacté les consommations énergétiques des bâtiments, bien moins occupés qu’en période « normale ». Le principe de précaution tend à perdurer et le télétravail s’est imposé comme un nouveau modèle pour bon nombre d’entreprises.

 

En cette période si particulière, l’enjeu est de concilier efficacité énergétique et santé des occupants alors que les recommandations sanitaires continuent de se faire jour. Dans cet article, advizeo vous donne quelques pistes pour mettre en œuvre ces recommandations tout en préservant vos objectifs d’efficacité énergétique, et par la même, les enjeux environnementaux.

 

Aujourd’hui, nous en sommes convaincus, le « monde d’après » ne se fera pas sans sobriété énergétique !

Bilan énergétique post-confinement : tirons les bonnes leçons !

 

Si un retour à la « normale » n’est pas pour tout de suite, les occupants retournent petit à petit dans les bâtiments, qui reprennent du service. Dès lors, la tentation pour les gestionnaires de bâtiments serait de revenir à un fonctionnement normal des installations.
 
Il est intéressant d’étudier l’impact de cette période inédite de confinement sur la consommation énergétique des bâtiments, qui ont connu des taux d’occupation exceptionnellement bas pendant quelques semaines. Dans un contexte sanitaire toujours aussi tendu et avec l’intensification du télétravail, tirer les leçons de cette période de confinement nous semble une première étape incontournable.

 

Comment transformer ce taux d’occupation inédit en baisse significative des consommations énergétiques ?

 

Le sens pratique et le pragmatisme énergétique rendent intuitifs le ralentissement du fonctionnement des installations techniques en période de sous-occupation. Pourtant, tout ne peut pas être coupé et des talons de consommations subsistent, y compris quand les bâtiments sont quasiment inoccupés. Mettre en place des actions pour tenir compte de la baisse d’occupation des locaux a néanmoins été une des clés permettant de faire des économies d’énergie significatives durant la période de confinement, parcourons-les ensemble.
   

Les TOP actions d’efficacité énergétique en période de sous-occupation des bâtiments

 
Ce contexte particulier permet au mainteneur de dégager du temps pour réaliser davantage d’actions d’amélioration de l’efficacité énergétique puisque ce dernier est bien moins sollicité pour gérer des problématiques de maintenance quotidienne liées à l’occupation. Main dans la main, l’Energy Manager, le mainteneur et l’exploitant de bâtiment étudient la mise en place des actions ci-dessous ; l’impact est quantifié et des tests sont mis en œuvre dans les bâtiments.

 

1. L’arrêt complet des équipements inutiles

 L’absence des occupants entraine une réduction conséquente des besoins énergétiques dans les bâtiments. Il convient dès lors d’analyser attentivement, à l’aide d’un energy manager expert de l’efficacité énergétique, les différents usages énergétiques puis d’arrêter complètement les équipements énergivores et non essentiels à l’usage du.des bâtiment.s : arrêt des CTA, arrêt des productions d’eau glacée ou d’ECS, arrêt des ventilos convecteurs, arrêt des outils de bureautique, veille TV, machines à café/snacks, etc.

 

2. Modification des programmes horaires

 Lorsque les équipements ne peuvent pas être arrêtés, il faut analyser les périodes d’occupation pour modifier les programmes horaires en conséquence (éclairage, parking, pompes, etc.) et les restreindre au strict minimum de manière à réduire les dépenses énergétiques.

 

3. Travail sur les talons de consommation

 Toujours en compagnie d’un energy manager, il convient également d’analyser le plan de comptage et les données d’équipements pour comprendre ce qui consomme et quand. Une telle analyse est d’autant plus pertinente lorsqu’un bâtiment dispose de compteurs télérelevés permettant de faire l’analyse par sous-comptage des usages ou des équipements.
 
En faisant la somme des sous-comptages pour retrouver le compteur parent, on peut identifier le volume que représente la part liée aux autres usages énergétiques et ainsi décider si oui ou non les équipements derrière cette consommation ont besoin de fonctionner. L’objectif est d’affiner l’exercice précédent lié aux programmes horaires et donc réduire le talon de consommation à son minimum.

 

4. Test des commandes GTB

L’analyse des commandes par le plan de comptage permet également d’identifier les GTB défectueuses et d’inscrire ces actions au plan de maintenance de manière à réaliser des actions correctives.

L’ensemble de ces actions peut permettre d’atteindre des économies d’énergie très importantes pour les exploitants immobiliers. Sur l’exemple ci-dessous, on remarque -84% en avril 2020 par rapport à avril 2019 sur les ventilo-convecteurs. Tout comme les CTA sur lesquelles on obtient -96% d’économies.

 

Ce que nous devons retenir du confinement pour l’efficacité énergétique des bâtiments :

  •  La disponibilité des mainteneurs a facilité la mise en œuvre des actions d’efficacité énergétique
  • Des réductions significatives et rapides sont possibles quand on s’en donne les moyens
  • La forte variation des taux d’occupation crée une nouvelle donne pour la gestion énergétique des bâtiments
  • La mesure fine et dynamique a permis d’aller plus loin dans l’atteinte d’économies d’énergie
  • Quand la contrainte du confort est moindre, l’efficacité énergétique est au rendez-vous
  • Le contexte sanitaire aura-t-il un impact sur la réglementation ?

Tour d’horizon des recommandations sanitaires CVC

 

En plus des recommandations sanitaires connues de tous (port du masque, distanciation sociale d’1m, etc.), le Ministère des Solidarités et de la Santé ainsi que le Ministère du Travail ont précisé un ensemble de recommandations liées au CVC.
 
Selon une étude sud-coréenne d’un cluster dans un immeuble mixte (bureaux & logements), 89 personnes d’un même open space ont été infectées soit un taux de contamination de 43%. Il semble que le brassage d’air ambiant ait joué un rôle clé dans la propagation du virus sur le plateau. C’est pourquoi les recommandations sanitaires portent majoritairement sur l’aération des bâtiments.

 

Synthèse des recommandations sanitaires

  • Faire fonctionner les systèmes de ventilation en tout air neuf / fermer les volets d’air repris
  • Elargir les plages horaires de fonctionnement des systèmes de ventilation en tout air neuf
  • Favoriser l’aération par l’ouverture des fenêtres en complément si possible
  • Arrêter le recyclage d’air même si le traitement d’air terminal se fait par recyclage
  • Remplacer les filtres sur la ventilation selon le calendrier habituel
  • Faire des tests de débit d’air neuf pour assurer un débit de 25m3/h/personne

Comment mettre en œuvre ces recommandations sur le plan du management de l’énergie ?

 

Pour mettre en œuvre ces recommandations et prendre en compte ces nouvelles contraintes techniques, il est nécessaire d’avoir une équipe coordonnée. Le maître d’ouvrage, le mainteneur et l’Energy Manager évoluent de concert pour appliquer la bonne pratique.
 
Le maître d’ouvrage et/ou l’occupant définit les modalités d’occupation, valide les modes de fonctionnements préposés ainsi que la mise en œuvre des actions.
 
Le mainteneur liste les équipements techniques en fonctionnement et ceux à l’arrêt puis met en œuvre les actions d’amélioration de l’efficacité énergétique.
 
Enfin, l’energy manager conseille sur la sobriété énergétique, identifie les dysfonctionnements et valide le bon fonctionnement technique. Enfin, il calcule les impacts énergétiques du fonctionnement post confinement.
 
Ces trois acteurs s’appuient sur une plateforme de gestion énergétique pour centraliser les données de consommation et le plan d’action d’amélioration de l’efficacité énergétique. L’outil devient l’élément central de la relation tripartite et des réunions « énergie » sont organisées régulièrement.
 
 

Recommandations sanitaires : quel scénario privilégier ? 

 
Selon les recommandations sanitaires en vigueur, différents scénarios s’offrent à nous. Dans cet article, nous en étudierons trois. Chacun de ces scénarios ayant un impact à la fois énergétique, un impact sur le confort des occupants et, bien évidemment, un impact sanitaire.

Le scenario A est l’application stricto sensu des recommandations sanitaires. Il va engendrer un inconfort thermique important pour les occupants car la climatisation et le chauffage se trouvent fortement limités (coupure de l’ordre de 80% des puissances installées). Les bâtiments ne seront pas exploitables à pleine charge. ​
des installations.
 
Le scenario B semble celui retenu par la plupart des acteurs du marché. Il va occasionner des consommations énergétiques très élevées. Pour autant, il ne respecte pas la consigne de non-brassage d’air pour limiter la propagation du virus (ou autre agent pathogène) dans les zones communes (open space, RIE, accueil, salle de réunion,…).​
des installations.
 
Le scenario C propose, avec la contrainte sanitaire, d’assurer quelques heures de confort thermique aux occupants, au détriment du confort visuel.
des installations.
 
Le scénario conciliant le plus sobriété énergétique et recommandations sanitaires apparaît être le scénario C. Pour autant, il n’est pas privilégié par les exploitants de bâtiment puisque l’impact sur le confort des occupants peut être jugé trop important (inconfort visuel conséquent du fait des stores fermés en continu). Or, le scénario C reste « le scénario du moindre mal » et nous incitons les acteurs à davantage appliquer ce dernier car c’est celui ayant l’impact environnemental le moins pire.

 

Occupation des locaux : rationaliser l’espace

 

Les bâtiments n’étant occupés que partiellement, la rationalisation des espaces de travail apparaît également comme un levier favorisant la sobriété énergétique. En effet, en limitant les zones occupées lorsque le bâtiment est en faible charge, on limite de facto le nombre d’équipements en fonctionnement (techniques & confort). Il est tout de même important de préciser que la rationalisation des espaces de travail ne doit, en aucun cas, se faire au détriment du respect de la distanciation sociale.

 

Coupler actions de sobriété énergétique et recommandations sanitaires

 
Pour respecter les recommandations sanitaires tout en continuant de prendre en compte l’efficacité énergétique, les exploitants de bâtiments, en lien avec les conseils des energy managers peuvent mener différentes actions portant sur les usages énergétiques significatifs de chacun des sites :

  • CVC : limiter les apports solaires
  • Arrêt des pompes ventilo-convecteurs
  • Fonctionnement des pompes CTA selon le programme horaire
  • Arrêt de l’éclairage dans les zones occupées
  • Arrêt de l’éclairage non permanent des zones de parking inoccupées
  • Arrêt des TV, machine à café/snack, imprimantes
  • Arrêt des ballons ECS électriques sanitaires
  • Arrêt de l’ECS RIE si le RIE est fermé
  • Consignation du réseau d’ECS
  • Couper hydrauliquement un échangeur pour la production de froid / chaud (en accord avec le fournisseur)
  • Arrêt des groupes froids
  • Augmenter la consigne sur basse pression des groupes froids

 
Toutes ces actions peuvent porter à la fois sur les parties privatives et sur les parties communes.

Pour conclure : restons pragmatique, pensons terrain !

 

En conclusion, les bâtiments ne sont pas adaptés à la crise sanitaire que nous rencontrons actuellement. Les équipements présentent des problématiques de dispersion d’agent pathogène dans l’environnement, ce risque est d’autant plus accru au sein des open spaces.
 
2020 sera une année complexe pour évaluer l’atteinte des objectifs de performance énergétique. Pour autant, avec une bonne coordination ainsi qu’une bonne méthodologie, il est largement possible de concilier sobriété énergétique et recommandations sanitaires dans les bâtiments.
 

L’approche d’advizeo dans les prochains mois :

 
Notre ADN réside dans notre pragmatisme : il n’y a pas d’efficacité énergétique sans présence terrain. C’est fort de ce constat que nous considérons qu’il est essentiel, et d’autant plus dans ce contexte, de se concentrer sur les résultats terrain en assurant un suivi quotidien des sites qui nous sont confiés. L’objectif est de trouver le bon compris entre recommandations sanitaires et sobriété énergétique. Pour cela, nous nous engageons à veiller aux nouvelles technologies et avancées techniques (nouveaux filtres, revêtements, purificateurs, etc.) pour garantir des résultats énergétiques tangibles.

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