Loi ELAN – bâtiments tertiaires : une opportunité pour les collectivités locales et territoriales ?

Règlementation
25 March 2020
advizeo

L’ADEME vient de publier son étude quinquennale à propos des consommations énergétiques des collectivités locales. La baisse des prix de l’énergie et l’augmentation de la concurrence ont permis de réduire les factures des collectivités. Pour autant, leurs dépenses énergétiques ont tout de même augmenté de 4% sur la période 2012-2017.Les collectivités se doivent de montrer l’exemple et ont, par conséquent, un rôle central à jouer dans la Transition Environnementale du pays. Désormais intégrés de tous, les enjeux de la Transition Énergétique doivent être suivis d’action.

Le bâtiment : secteur le plus énergivore pour les collectivités

 

Sur cinq ans, la consommation d’énergie des collectivités incluses dans l’étude est de 39,7 TWh. C’est le bâtiment qui prend la première place des secteurs les plus énergivores, à hauteur de 75% des consommations globales. La hausse des dépenses énergétiques est d’ailleurs principalement liée aux consommations du bâtiment qui ont augmenté de 13%, ceci en prenant en compte les variations climatiques.

La rénovation énergétique du parc bâti a commencé dans 75% des communes. Pour autant, seulement 21% d’entre elles ont vu ces travaux aboutir. Ceux-ci portent principalement sur les ouvrants et sur l’éclairage.

Il est important de tout de même souligner que les énergies renouvelables prennent une part grandissante dans les énergies utilisées par les collectivités locales, pour passer de 17% en 2012 à 28% en 2017.

Les collectivités locales ont, pour la plupart, entamé un processus visant à réduire leurs dépenses énergétiques. On observe pour autant que ces initiatives restent encore trop timides et souvent isolées.

Des difficultés à répondre aux enjeux de réduction énergétique

 

Les collectivités sont très souvent engagées dans une démarche environnementale ; ce qui les pousse de plus en plus à réduire leur consommation d’énergie. Il s’avère cependant que dans les faits, trop peu sont en mesure d’assumer une telle démarche. Différents facteurs peuvent expliquer les freins rencontrés par les collectivités.

• Un manque de compétences en interne peut être à l’origine de cette stagnation. En effet, les collectivités ne possèdent pas toujours les compétences en interne pour répondre au besoin de réduction énergétique. Un manque d’analyse peut décrédibiliser toute une démarche et les effectifs dédiés à l’énergie sont, en général, limités.

• Les actions d’amélioration de la performance énergétique ne s’inscrivent pas toujours dans un cadre global. En effet, chaque raisonnement doit pouvoir s’inscrire dans une logique générale d’optimisation énergétique à long terme pour produire de réels effets pérennes et durables sur les consommations et la performance des bâtiments.

Quoi qu’il en soit, les collectivités vont devoir redoubler d’efforts pour répondre aux enjeux de la Transition Énergétique. Assurément, la loi ELAN entrée en vigueur le 16 octobre 2018 impose une réduction des dépenses énergétiques drastique à différentes échéances : -40% d’ici 2030, -50% d’ici 2040 et -60% d’ici 2050 ; par rapport à 2010.

Chaque collectivité possédant des bâtiments ou locaux à usage tertiaire de plus de 1000m2 est soumise à ces objectifs. Répondre à cette nouvelle réglementation va obligatoirement devoir passer par la mise en oeuvre pragmatique d’une stratégie énergétique de long terme, et ce peu importe les contraintes internes rencontrées par les collectivités.

La loi ELAN peut, de facto, être considérée comme un réel accélérateur de Transition Énergétique pour les collectivités. C’est l’opportunité pour ces dernières de jouer le rôle clé qu’induit leur statut, dans la Transition Environnementale de l’ensemble du pays.

Nos conseils pour transformer la loi ELAN en opportunité pour votre collectivité

 

Prendre les devants et voir au-delà des contraintes. C’est ce que nous recommandons aux responsables techniques, gestionnaires de bâtiments et économes de flux en responsabilité au sein de collectivités et avec lesquels nous travaillons quotidiennement.

A la clef pour une collectivité ? Des économies substantielles (financières) et la possibilité d’être en avance et exemplaire sur la plan de la transition énergétique, et non plus suiveur voire « mauvais élève ».

1. Mettez en place une stratégie durable et globale du management de l’énergie

Une des erreurs souvent constatées dans la mise en oeuvre des projets de réduction de consommation énergétique au sein des collectivités est de fonctionner en silos, sans ligne directrice : je déploie d’un côté le réseau de connectivité LoRA, je mets en place des objets connectés, je change mes éclairages, je remplace une GTB, je souscris à un logiciel de monitoring des consommations, je produis de l’énergie renouvelable, etc.

 

Tous ces projets isolés, s’ils ne sont pas pensés avec une vue globale et ne s’inscrivent pas dans une mesure continue et dynamique des impacts énergétiques, ne peuvent pas avoir les effets escomptés.

2. Fixez des objectifs chiffrés et pensez ROI (Retour sur Investissement)

Ce que beaucoup de collectivités ont tendance à sous-estimer, ce sont les économies d’énergie accessibles et réalisables sans travaux, et donc sans investissement lourd.

Pour identifier ces gisements d’économies d’énergie, deux conditions : connaître et maîtriser l’ensemble des données énergétiques de ses bâtiments puis savoir les analyser pour les traduire en économies d’énergie.

Avec ces deux conditions réunies, votre collectivité peut réaliser jusqu’à 15% d’économies d’énergie sans travaux, en moins de 2 ans.

3. Engagez l’ensemble des acteurs vers un même objectif

Réduire ses consommations énergétiques, c’est aussi engager l’ensemble des acteurs vers un objectif commun et clairement défini. Notamment deux d’entre eux : les mainteneurs et les usagers.

– Le ou les mainteneur(s) qui travaillent au bon fonctionnement de vos installations techniques ont un rôle primordial à jouer dans l’amélioration continue et dans les actions qui vont permettre une performance énergétique durable de vos bâtiments. Sans leur implication et participation active, les objectifs fixés par la Loi Elan sont inatteignables.

– Les usagers sont nécessairement au centre du dispositif car les économies d’énergie dépendent également de petites actions de bons sens, que toutes et tous peuvent avoir au quotidien : éteindre les lumières, accepter de chauffer un peu moins ou plus intelligemment, etc.

A titre d’exemple, diminuer d’un degré la température de vos bâtiments génère en moyenne 7% d’économies d’énergie !

4. Faites-vous accompagner d’experts

La principale contrainte pour les collectivités se situe dans le manque de temps et/ou de compétences pour adresser les enjeux de la transition énergétique.

Il est dès lors fortement recommandé de se faire accompagner d’experts en management de l’énergie pour parvenir aux objectifs ambitieux fixés par le décret tertiaire de la Loi Elan, à savoir -40% de consommation énergétique d’ici 2030 (par rapport à un référentiel qui peut remonter jusqu’à 2010 au plus tôt).

Vous souhaitez réduire vos consommations énergétiques ?

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