La loi dite « DADDUE » (Dispositions d’Adaptation au Droit de l’Union Européenne) impose à toutes les entreprises des secteurs industriel et tertiaire la réalisation d’un audit énergétique de leurs bâtiments et installations techniques tous les 4 ans. Le dernier audit obligatoire date de 2015, 4 ans se sont écoulés, certaines entreprises se doivent donc de réaliser à nouveau cet audit.

A travers cet article, advizeo propose aux industriels une grille de lecture pour comprendre et intégrer les enjeux de l’audit énergétique et les conseiller dans la réalisation de leurs audits réglementaires afin d’en tirer un réel bénéfice.

L’intérêt d’un audit énergétique en industrie

Le secteur industriel représente 25% des consommations d’énergie globales en France et 27% des consommations électriques totales. L’industrie est un des secteurs les plus polluants, pour autant, les gisements d’économies sont conséquents. Tant au niveau des bâtiments qu’au niveau des process de production internes.

Les enjeux inhérents à la loi DADDUE

La loi DADDUE est une transposition d’une directive européenne qui vise à instaurer une dynamique d’économies d’énergie au sein des grandes entreprises. L’audit énergétique est un des procédés clés pour réduire les dépenses énergétiques des bâtiments. Pour cela, la loi DADDUE impose la réalisation d’un audit énergétique tous les quatre ans aux entreprises :

  • Dont l’effectif est supérieur à 250 personnes
  • Dont le chiffre d’affaires est supérieur à 50 millions d’euros
  • Dont le bilan est supérieur à 43 millions d’euros

Selon la définition de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise Environnementale, un audit énergétique a pour but d’établir et planifier un plan d’amélioration de la performance énergétique d’un parc de bâtiments. La loi DADDUE s’inscrit dans une logique de développement durable et d’optimisation continue de l’efficacité énergétique des entreprises.

L’audit énergétique doit au moins couvrir 80% de la facture énergétique globale de l’entreprise et être réalisé par des professionnels accrédités. Si une entreprise venait à ne pas réaliser l’audit énergétique dans les délais impartis (avant le 5 décembre 2019), elle encourrait une amende pouvant aller jusqu’à 2% du chiffre d’affaires global.

L’audit énergétique en industrie

L’industrie est un secteur à part entière, avec ses enjeux propres et ses usages précis, qui diffèrent considérablement de ceux du secteur tertiaire. Dans certaines activités industrielles, les consommations énergétiques peuvent représenter jusqu’à 10% des coûts de production. Au-delà de l’enjeu environnemental inhérent à la loi DADDUE, l’audit énergétique est également un enjeu financier pour les professionnels du secteur industriel.

L’audit énergétique consiste à faire un état des lieux des installations techniques et des bâtiments industriels à un instant donné. Il se doit d’être réalisé par un organisme externe certifié qui définira des axes d’amélioration et des recommandations concrètes pour réaliser des économies et améliorer l’efficacité énergétique des différents sites industriels d’une entreprise.

Les exigences générales de méthode et de réalisation d’un audit énergétique sont définies par la norme NF EN 16247-1 :2012. Les normes NF EN 16247-2 et 16247-3 viennent respectivement apporter des précisions sur les dispositions particulières à prendre pour les activités liées aux bâtiments et aux procédés industriels.

A noter : Les entreprises du secteur industriel certifiées ISO 50001 sont exemptées d’audit énergétique quadriennal. En savoir plus sur la norme ISO 50001.
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L’audit énergétique dans l’industrie, et après ?

L’audit énergétique est réalisé tous les 4 ans et s’inscrit dans un processus d’amélioration continue de la performance énergétique des industries concernées. Pour cela, les professionnels en charge de l’audit se doivent de définir des recommandations précises et chiffrées.

Il s’avère cependant que, dans les faits, les audits énergétiques comprennent trop peu de préconisations pour que celles-ci aient un réel impact sur les consommations. L’ADEME estime que la moitié des audits réglementaires réalisés en 2015 ne comprenaient pas plus de 5 préconisations. Il arrive également que ces recommandations ne soient même pas mises en place dans les usines. Ceci est souvent dû au manque de ressources et d’accompagnement auquel doivent faire face les industriels à la suite de l’audit.

Opter pour un accompagnement personnalisé

Une fois réalisé, l’audit énergétique devient le document de référence auquel se fier pour mettre en place des travaux d’amélioration de la performance des sites industriels, mais aussi un outil de comparaison de la performance dans le temps.

Il existe aujourd’hui des solutions intégrant à la fois la réalisation de l’audit énergétique et l’accompagnement des industriels dans la réalisation d’économies d’énergie. Assurément, des energy managers expérimentés et certifiés CMVP réalisent l’audit et définissent un plan d’actions d’amélioration de la performance énergétique, du bâtiment et des procédés industriels.

De ce fait, l’ensemble des préconisations citées dans l’audit énergétique sont respectées et le professionnel du secteur industriel s’assure de la mise en œuvre effective des actions. Les energy managers l’accompagnent dans la réalisation d’économies d’énergie pouvant aller jusqu’à 25% de la facture énergétique initiale et contribuent à l’amélioration de l’efficacité énergétique des différents sites industriels audités

La réalisation d’un audit énergétique représente un coût important pour les entreprises. L’accompagnement personnalisé des energy managers permet d’assurer la mise en place d’actions concrètes qui auront un impact sur les consommations énergétiques. Par conséquent, opter pour une telle solution permet aux entreprises concernées par l’audit énergétique de s’assurer d’un retour sur investissement.

Une telle démarche peut même s’inscrire dans le cadre de l’obtention de la norme ISO 50001. Auquel cas, l’entreprise industrielle se verra dispensée de la réalisation d’un nouvel audit quatre ans plus tard.

Le principe de l’audit continu

Lors des différents déplacements sur site des energy managers, ces derniers installent des objets connectés pour télérelever les données de consommation énergétique ; en fonction des usages énergétiques significatifs inhérents à chaque typologie d’industries.

Ces données transitent via le réseau LoRaWAN, dédié à l’internet des objets, et sont ensuite centralisées au sein d’une application de monitoring énergétique. Ces données sont traitées et analysées par des algorithmes issus du Big Data. Le responsable industriel est alors en mesure de disposer d’une visibilité totale et en temps-réel sur l’ensemble de ses dépenses énergétiques.

Les energy managers peuvent identifier simplement les sources d’économies et adapter les préconisations de l’audit énergétique initial en fonction de la conjoncture de l’entreprise industrielle : changement d’activités, évolution des surface, augmentation de la production, etc. C’est le principe d’audit-continu des bâtiments et des process industriels.

En complément de l’audit énergétique préalable, une telle solution a pour finalité de garantir un pourcentage d’économies d’énergie, sur lequel les energy managers sont capables de s’engager.

Quel est l’impact des consommations énergétique du secteur industriel en France ?

L’industrie est le troisième secteur le plus polluant en France. Réduire les consommations énergétiques est devenu fondamental ; tant d’un point de vue environnemental que financier pour les industriels.